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LePoint.fr du 6 avril 2012 : 6 avril 1768, Les Tahitiennes se mettent à poil pour pour accueillir Bougainville
 

         S'offrant à qui veut, les Tahitiennes n'oublient pas, pour autant, de réclamer aux marins un clou pour le prix de chaque étreinte.
 

 
À peine la Boudeuse et l'Étoile ont-elles jeté l'ancre devant Tahiti que les deux navires sont pris d'assaut par des centaines d'insulaires manifestant tous les signes de l'amitié. Laissons la parole à Bougainville : "Tous venaient en criant tayo, qui veut dire ami, et en nous donnant mille témoignages d'amitié ; tous demandaient des clous et des pendants d'oreilles. Les pirogues étaient remplies de femmes qui ne le cèdent pas, pour l'agrément de la figure, au plus grand nombre des Européennes et qui, pour la beauté du corps, pourraient le disputer à toutes avec avantage... La plupart de ces nymphes étaient nues, car les hommes et les vieilles qui les accompagnaient leur avaient ôté le pagne dont ordinairement elles s'enveloppent. Elles nous firent d'abord, de leurs pirogues, des agaceries où, malgré leur naïveté, on découvrit quelque embarras ; soit que la nature ait partout embelli le sexe d'une timidité ingénue, soit que, même dans les pays où règne encore la franchise de l'âge d'or, les femmes paraissent ne pas vouloir ce qu'elles désirent le plus. Les hommes, plus simples ou plus libres, s'énoncèrent bientôt clairement : ils nous pressaient de choisir une femme, de la suivre à terre, et leurs gestes non équivoques démontraient la manière dont il fallait faire connaissance avec elle."

Autant dire que l'invitation rendit complètement dingos les quatre cents marins à bord des deux navires dont la libido est en hibernation depuis six mois. Bougainville, qui comprend le danger, interdit formellement aux tentatrices de monter sur le pont. L'une d'elles arrive cependant à grimper sur une écoutille placée au-dessus du cabestan, sur le gaillard arrière. Elle entreprend un strip-tease devant des hommes qui manifestent tous les syndromes du loup libidineux de Tex Avery : yeux exorbités, langue pendante. Bref, ils ne boudent pas leur plaisir. Bougainville, qui parvient à mieux se contrôler que le reste de l'équipage, écrit : "La jeune fille laissa tomber négligemment un pagne qui la couvrait, et parut aux yeux de tous telle que Vénus se fit voir au berger phrygien : elle en avait la forme céleste. Matelots et soldats s'empressaient pour parvenir à l'écoutille, et jamais cabestan ne fut viré avec une pareille activité. Nos soins réussirent cependant à contenir ces hommes ensorcelés ; le moins difficile n'avait pas été de parvenir à se contenir soi-même."

Frayeur
Finalement, un seul marin ne résiste pas au supplice de Tantale, il parvient à s'éclipser en compagnie d'une Tahitienne, il s'agit du cuisinier personnel du commandant. Mais la partie de plaisir tourne au cauchemar. Dès qu'il met pied à terre, une foule l'entoure pour le déshabiller en un instant. Il croit sa dernière heure arrivée, mais non, les indigènes ne veulent que se rincer l'oeil, curieux de voir comment cet étranger est bâti. Ils palpent chaque partie de son corps avec minutie, commentent. Une fois satisfaits, ils invitent le cuisinier à se rhabiller en lui faisant comprendre qu'il peut maintenant user comme bon lui semble de la fille qu'il a suivie. Ils attendent avec curiosité pour assister aux ébats. Mais la frayeur avait été tellement grande que le marin est incapable de sacrifier à Vénus. Sa grande vergue refuse désespérément de se redresser. Il regagne bientôt la Boudeuse, la queue entre les jambes, disant à Bougainville qu'il peut le réprimander pour avoir quitté le bord malgré l'interdiction, mais que jamais il n'aura une peur aussi grande que celle qu'il a eue à terre.

L'hospitalité des Tahitiens est stupéfiante, non seulement ils aident leurs visiteurs blancs à couper du bois, soigner les malades du scorbut, mais ils les invitent à partager leurs repas et leurs épouses. "On les invitait à entrer dans les maisons, on leur y donnait à manger ; mais ce n'est pas à une collation légère que se borne ici la civilité des maîtres de maison ; ils leur offraient des jeunes filles ; la case se remplissait à l'instant d'une foule curieuse d'hommes et de femmes qui faisaient un cercle autour de l'hôte et de la jeune victime du devoir hospitalier ; la terre se jonchait de feuillage et de fleurs, et des musiciens chantaient aux accords de la flûte un hymne de jouissance. Vénus est ici la déesse de l'hospitalité, son culte n'y admet point de mystères, et chaque jouissance est une fête pour la nation. Ils étaient surpris de l'embarras qu'on témoignait ; nos moeurs ont proscrit cette publicité. Toutefois, je ne garantirais pas qu'aucun n'ait vaincu sa répugnance et ne se soit conformé aux usages du pays", poursuit Bougainville.

Jalousie ?
C'est alors que, chose incroyable, les Tahitiens découvrent la présence d'une femme à bord de la Boudeuse. Quand monsieur de Commerson, le botaniste de l'expédition, descend à terre pour herboriser, l'attention des naturels se porte sur le domestique de celui-ci, un nommé Barré. À bord, on avait bien remarqué qu'il était efféminé, mais sans y prêter plus d'attention que cela. Mais les naturels ont l'oeil, ils sont aussitôt persuadés qu'il s'agit d'une femme, ils l'entourent en criant et se battraient presque pour avoir l'honneur de lui faire visiter l'île, et plus si affinités... Il faut le faire ramener à bord sous escorte. Le malheureux se jette alors aux pieds de Bougainville pour lui avouer qu'il s'appelle Jeanne Barret et qu'elle n'a trouvé que ce moyen pour accompagner son époux, puisque les femmes sont interdites de navire.

Finalement, Bougainville ne reste que neuf jours dans l'île enchanteresse. Le 15 avril, les deux vaisseaux lèvent l'ancre et, après avoir failli s'empaler sur les récifs, ils s'élancent vers le large avec des marins désespérés d'avoir à quitter une île aussi charmante. Dans son Voyage autour du monde, l'explorateur français fait de Tahiti une nouvelle Cythère, patrie d'Aphrodite. Ce grand naïf ignore, ou fait semblant d'ignorer, que les Tahitiennes monnayaient leurs faveurs contre des clous. Le fer était alors inconnu des Tahitiens. Les clous leur servaient à faire des hameçons. Pour profiter d'une nuit d'amour, les marins n'hésitaient pas à arracher les clous des planches du navire. "Quoi qu'il en soit, les femmes doivent à leur mari une soumission entière : elles laveraient dans leur sang une infidélité commise sans l'aveu de l'époux. Son consentement, il est vrai, n'est pas difficile à obtenir, et la jalousie est ici un sentiment si étranger que le mari est ordinairement le premier à presser sa femme de se livrer. Une fille n'éprouve à cet égard aucune gêne ; tout l'invite à suivre le penchant de son coeur ou la loi de ses sens, et les applaudissements publics honorent sa défaite. Il ne semble pas que le grand nombre d'amants passagers qu'elle peut avoir eus l'empêche de trouver ensuite un mari. Pourquoi donc résisterait-elle à l'influence du climat, à la séduction de l'exemple ? L'air qu'on respire, les chants, la danse, presque toujours accompagnée de postures lascives, tout rappelle à chaque instant les douceurs de l'amour, tout crie de s'y livrer..."

Distinction des rangs
En conversant avec le Tahitien Aotourou qu'il ramène en Europe, Bougainville comprend que derrière le tableau paradisiaque se cache une réalité plus sombre. "J'ai dit plus haut que les habitants de Tahiti nous avaient paru vivre dans un bonheur digne d'envie. Nous les avions crus presque égaux entre eux, ou du moins jouissant d'une liberté qui n'était soumise qu'aux lois établies pour le bonheur de tous. Je me trompais, la distinction des rangs est fort marquée à Tahiti, et la disproportion cruelle. Les rois et les grands ont droit de vie ou de mort sur leurs esclaves et valets ; je serais même tenté de croire qu'ils ont aussi ce droit barbare sur les gens du peuple qu'ils nomment Tata-einou, hommes vils ; toujours est-il sûr que c'est dans cette classe infortunée qu'on prend les victimes pour les sacrifices humains. La viande et le poisson sont réservés à la table des grands ; le peuple ne vit que de légumes et de fruits. Jusqu'à la manière de s'éclairer dans la nuit différencie les états, et l'espèce de bois qui brûle pour les gens considérables n'est pas la même que celle dont il est permis au peuple de se servir. Les rois seuls peuvent planter devant leurs maisons l'arbre que nous nommons le saule pleureur ou l'arbre du grand seigneur. On sait qu'en courbant les branches de cet arbre et en les plantant en terre, on donne à son ombre la direction et l'étendue qu'on désire ; à Tahiti il est la salle à manger des rois."

Un an après le passage de Bougainville, un navire anglais fait relâche à Tahiti. À son retour en Angleterre, l'équipage accusera les marins français d'avoir fait cadeau aux Tahitiennes de la chaude-pisse. Le navigateur français répondra du tac au tac en affirmant que la maladie était déjà dans l'île, probablement léguée par l'équipage du capitaine anglais Wallis qui avait été le premier à découvrir Tahiti dix mois avant lui. Encore une histoire d'amour qui finit dans la syphilis...
 


Tahiti-Pacifique-Magazine de janvier 2012 : Il y a 240 ans
 

     Il y a 240 ans, Ahutoru, le premier Tahitien à visiter l'Europe en accompagnant Bougainville, disparaissait au large de Madagascar, sur le chemin du retour vers Tahiti. Victime de la variole qu'il avait contractée à l’Île de France (actuelle île Maurice), ces derniers instants ont été consignés avec précision dans un rapport officier dont vous pouvez découvrir des extraits dans l'ouvrage qui lui a été consacré par Philippe Prudhomme:
 
 

     Mercredi 6 novembre 1771
     La mort du Prince du Pacifique.
Au matin du 6 novembre, le chirurgien Major se présenta comme chaque jour à 7 heures. Il avait l'air sinistre et baissait la tête.
-"Il est sur le déclin! Son pouls est irrégulier, son visage est couvert de croûtes purulentes !
- Prions pour que son agonie se termine le plus vite possible et informez l'équipage que sa vie ne tient plus qu'à un fil."
Dans l'après midi, Ahutoru fut pris de convulsions et l'on crut que sa dernière heure était arrivée.
Le soir à 5 heures, "il était dans un état des plus critiques". A 7 heures, "le pouls se faisait à peine sentir et les pustules vésicatoires étaient devenues d'une couleur livide pourpre".
A 9 heures, le chirurgien frappa à la porte du capitaine. Il était au bors des larmes quand Marion Dufresne lui ouvrit.
-"C'est fini ! Ahutoru est mort ! il vient d'expirer dans mes bras.
- Paix à son âme ! On est bien peu de chose ! Je suis vraiment très navré. A cause de ce décès notre mission est compromise. Faites réunir le conseil immédiatement.
Le commandant le reconduisit à la sortie :
- Je vous remercie des bons soins que vous avez eus pour lui et vous dispense de cette réunion. Vous avez besoin de repos. Nous nous occuperons des formalités. A demain monsieur Dubois. Je vais demander à un officier de la "Grande Terre" de venir constater le décès.
- A demain, monsieur ! J'espère qu'aucun autre cas ne se déclara et vous souhaite le bonsoir."

Le ciel était constellé d’étoiles et la lune se reflétait sur l'océan.
La gravité se lisait sur tous les visages quand Dufresne entra dans la grand chambre où régnait un silence religieux.
Il annonça solennellement la mort du "Prince du Pacifique".
- "Au nom de tous, je vous assure de notre profonde et sincère compassion pour ce drame qui touche tout l’équipage.
- Ahutoru était bon homme, déclara le lieutenant Roux. Nous sommes très affectés par ce deuil qui remet en question le sens même de cette expédition dont il était en partie la cause.
- Je vous remercie monsieur Roux. Il est 11 heures du soir et la nuit est claire. Descendez à terre et réveillez le commandant du fort pour qu'il nous envoie "le chirurgien major de la place avec un sergent ou une autre personne pour constater le décès dudit Poutaveri".
A minuit et demie, le lieutenant Roux, escorté de deux hommes appelle de son canot pour remonter à bord.
A 2 heures du matin, le chirurgien de Fort Dauphin, René Guimar de la Gitonnière et le sergent Tabar relisent publiquement le procès-verbal qu'ils ont rédigé en présence du capitaine et de son état major.
"Nous soussignés, René Guimar de la Gitonnière chirurgien major de Fort Dauphin et Tajar sergent, montés à bord du Mascarin, avons constaté le décès de Poutaveri ainsi que la cause de sa maladie, que nous avons dûment reconnu être la petite vérole, ce que nous affirmons véritable. Et de concer avec Messieurs le capitaine, officiers majors et chirurgien de la dite flûte, n'avons jugé unanimement devoir le faire jeter à lamer, avec les effets qui avaient pu lui servir pendant tout le temps de sa maladie.
Ce jeudi, à deux heures du matin 7 novembre 1771". 
Les deux hommes ne s'attardent pas sur le Mascarin.
Le cadavre est cousu dans une toile lestée d'un boulet, avec tous ses vêtements, son linge et les objets à son usage.
A l'aube, en présence de tout l’équipage et des officiers, bien que le défunt ne fut pas chrétien, l’aumônier dit la prière des morts. Le corps est mouillé, comme une ancre, dans l'océan à tout jamais.
Ainsi disparaît de ce monde, Mayos Ahutoru, dit Louis Poutaveri, frère adoptif de Bougainville.
La mer était belle. Lorsque le linceul vint frapper la surface de l'océan une tortue sortit sa tête de l'eau et sembla replonger dans le grand bleu pour accompagner la dépouille d'Ahutoru qui coulait pour l’éternité."

Extrait de La malédiction de la Tortue. Disponible en ligne chez "Thebookedition.com" ou auprès de l’Association des amis de Bougainville 2bougainville@gmail.com
 

caricature anglaise, prise de Grenade en 1779


L'Union.fr du 10 décembre 2011 : Philippe Prudhomme lève le voile sur Bougainville

Philippe Prudhomme vient d'achever un livre sur Antoine de Bougainville, un grand voyageur humaniste décédé le 31 août 1811. Il voue une véritable passion pour le XVIIIe siècle. 260 pages pour s'évader…

PROFESSEUR d'histoire-géographie tant à la Réunion qu'à Nouméa mais également en Seine-et-Marne à une époque, Philippe Prudhomme coule aujourd'hui une belle retraite à Tahiti.
Cet ancien Sorbonnard, voue une véritable passion pour le XVIIIe siècle et les grands voyageurs, navigateurs et explorateurs.
Aussi après avoir déjà écrit plusieurs ouvrages dont l'un sur les Nouvelles-Hébrides, l'auteur qui sera en séance de dédicace aujourd'hui au Mag Presse de Fagnières, invite le lecteur à découvrir ou redécouvrir l'incroyable parcours de Louis Antoine de Bougainville, et rend hommage à sa façon à l'humaniste décédé le 31 août 1811. Philippe Prudhomme a ainsi achevé un ouvrage très complet le 31 août dernier, le jour même du bicentenaire de la mort de Bougainville.
Si ce grand voyageur qui a marqué l'histoire, souffre aujourd'hui d'un déficit de notoriété, c'est pour cela qu'une association les Amis de Bougainville a été créée à Tahiti, c'est pour cela également que l'auteur a étudié avec finesse le parcours de cet explorateur pas comme les autres, afin d'en livrer aujourd'hui plus qu'une biographie qu'il présentera au public. L'un des plus grands mathématiciens de son temps à l'âge de 23 ans, avocat, militaire, secrétaire d'ambassade, ce grand serviteur de l'Etat se dévoile à travers les 260 pages rédigées par l'auteur.

Nom donné à la bougainvillée
Aide de camp au Canada, chargé de ramener les prisonniers Acadiens en France, cet humaniste avait de suite compris l'intérêt des Malouines, puisque capitaine de frégate, il file en 1763 vers ces îles pour y établir une colonie. Mais cinq ans plus tard, les Malouines seront restituées aux Espagnols sur ordre de Louis XV.
Au fil du récit très documenté, Philippe Prudhomme revient également sur le voyage autour du monde.
Accompagné d'un naturaliste, d'un dessinateur et d'un astronome, Bougainville monte une première exploration scientifique qui permettra entre autres à la géographie de l'Océanie de faire de grands progrès mais sa « Description d'un voyage autour du Monde » suscitera une réaction de Diderot qui publiera son « Supplément au voyage de Bougainville ».
Bougainville qui assista aux derniers moments de vie de Louis XV, fut l'un des protecteurs de Louis XVI. Après la Révolution, Napoléon et Talleyrand font appel à l'expérience de cet homme de devoir, loyal, qui quittera la capitale pour s'installer à Coutances (Manche) avant de mourir à 82 ans.


La dédicace se déroulera aujourd'hui au Mag Press de Centre-Ouest de 9h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h30.


Visite du Panthéon de Paris le 7 décembre 2011

Le 31 août 1811, à 11 heures du soir, au n°5 du passage des Petits-Pères (aujourd"hui rue de la Banque) à Paris, Louis-Antoine de Bougainville trépassait plus qu’octogénaire. Il eut les honneurs du Panthéon, et Lacepède, alors président du Sénat, prononça son panégyrique, le 5 septembre 1811.
Son corps repose dans le caveau III.

Louis Antoine de Bougainville
Comte de l'Empire, Vice-amrial,
Grand officier de la légion d'honneur,
Menbre de l'institut de France et du bureau des longitudes
Né à Paris département de la seine le XI novembre M DCC XXIX
Mort à Paris le I septembre M DCCC XI

Ladepeche.pf du 6 novembre 2011 : Ahutoru : premier Tahitien en Europe


Commémoration – Le 240e anniversaire de sa mort célébré aujourd’hui dimanche 6 novembre

La date du 31 août 2011 n’a pas dut grand-chose à la population polynésienne. Celle du 6 novembre 2011 pas plus. Et pourtant ! La première célébrait le 200e anniversaire de la mort de Bougainville, à l’origine de la renommée de Tahiti. La seconde est la date de la mort de Ahutoru, il y a 240 ans, le premier Tahitien à avoir mis le pied en Europe.

 
Ahutoru fut embarqué  « volontaire » à bord de l’un des navires de l’expédition française qui « découvrit » Tahiti en avril 1768, un an après l’Anglais Wallis. C’est lors de son retour vers fenua, en novembre 1771, qu’il trouva malheureusement la mort au large de l’île Maurice, à la suite d’une épidémie de variole. Il n’eut pas la chance, comme Mai (Omai) – qui accompagna Cook un an plus tard – de retrouver les siens.
 


L'auteur du roman biographique de Ahutoru,
Philippe Prudhomme, se tient davant la stèle qui a été installée par le service du Tourisme pour rappeler l'arrivée de Bougainville, en avril 1768

 
Un jeune arii originaire de Raiatea 
Probablement originaire de Raiatea, ce jeune arii vit à Hitia’a o te ra lorsqu’apparaissent, le 6 avril 1768, L’Etoile et La Boudeuse, en mer depuis trois mois après avoir quitté le détroit de Magellan. De nombreux hommes étant malades, le capitaine décide de mouiller aux abords de la première passe qui s’offre à lui. Située sur la côte orientale de Tahiti, cette petite baie encadrée de récifs n’est pas la plus sûre, et loin d’être aussi confortable que celle qui avait accueilli Wallis, un an plus tôt, et où mouillera Cook, l’année suivante, le Baie de Matavai. Mais, Bougainville n’a pas tellement le choix. Et la halte, malgré quelques incidents, permet heureusement aux équipages pouvant s’alimenter en nourriture fraîche, de se remettre du scorbut.
 
Mort de la variole avant son retour à Tahiti
Près d’un an plus tard, les deux navires arrivent à Saint-Malo, le 16 mars 1769 exactement, après bien des aventures. Ahutoru est du voyage. Le 30 avril, le Tahitien est présenté à Louis XV et à sa cour. Philippe Prudhomme relate l’épisode dans la biographie de Bougainville qu’il vient de publier et, de manière plus détaillée, dans le roman historique qu’il a consacré à l’aventure européenne de Ahutoru, « La Malédiction de la Tortue », la seule biographie de ce « héros » tahitien. Il rapporte aussi les conditions dans lesquelles s’est passé son voyage de retour, à bord d’un navire ayant appareillé pour l’océan Indien, en février 1770. Puis sa fin : une épidémie de variole faisant rage à l’île Maurice, Ahutoru n’étant pas « inoculé », comme l’on disait à l’époque, s’éteignit le 6 novembre 1771, à 9 heures du soir. A l’aube, après la prière des morts, son corps fut enveloppé dans une toile cousue et immergé chrétiennement et avec les honneurs de la marine royale devant Fort Dauphin. Son histoire, avec tous les détails de l’aventure, mérite d’être mieux connue des Polynésiens. Le livre est disponible en librairie et en ligne sur www.thebookedition.com

Lesnouvelles.pf du 17 octobre 2011 : Bougainville. Ses amis préparent le programme


Créée le 26 octobre 2009, l’association Les Amis de Bougainville, présidée par Philippe Prudhomme, a organisé samedi un déjeuner au centre de détente Moana de Arue. Cette manifestation a été l’occasion de rappeler les objectifs de l’association qui fête cette année le bicentenaire de l’explorateur. Les membres de cet organisme mettent en place tout au long de l’année de multiples manifestations afin de célébrer la mémoire de Bougainville, de favoriser la publication de toute recherche historique et archéologique et médiatiser tous les ouvrages publiés autour du voyage de Bougainville. Le déjeuner, placé sous l signe des manifestations et de présenter le programme des prochains rendez-vous.

Merci au photographe Werner Bringhold qui nous soutient

ParuVendu.pf du 26 septembre 2011 : "Le Mystère Bougainville"


C'est à une sacrée belle balade dans l'Histoire, la grande et la petite, que nous convie aujourd'hui Philippe Prudhomme, qui vient d'écrire et de publier la première biographie, intitulée "Le Mystère Bougainville" (titre en forme de clin d'œil au "mystère La Pérouse", pour les océanistes...)

Bougainville, héros de son siècle, est aujourd'hui surtout connu pour l'arbuste sarmenteux portant son nom (le bougainvillier, sur lequel fleurit la bougainvillée) et accessoirement par son récit de voyage autour du monde, au cours duquel, au terme d'une brève escale de 10 jours à peine naquit le mythe de "La Nouvelle Cythère", à propos de Tahiti.

Avril 1768 : naissance du "paradis"
Bougainville, avec ses deux navires, séjourna à Tahiti du 6 au 15 avril 1768, après avoir manqué l'ile de Pâques et évité les Tuamotu.
Son équipage, malade et fatigué incita le navigateur à jeter l'ancre dans la première baie à Hitia'a. Emplacement peu propice à un long séjour.
Mais de ces quelques jours naîtront une quarantaine de pages décisives pour notre territoire dans son livre, "Voyage autour du monde entrepris par la frégates La Boudeuse et la flûte L'Etoile de 1766 à 1769", un best-seller à l'époque. Tahiti, rebaptisée "La Nouvelle Cythère", passa du statut d'ile parmi tant d'autres dans le Pacifique à celui de mythe... 

Un homme éclairé et curieux
Humaniste, explorateur, scientifique et érudit, Bougainville n'avait pas un esprit de colonisateur. S'il rendit les Malouines à la France, son tour du monde 1766 à 1769 était d’abord celui d'un homme éclairé et curieux, désireux de témoigner et non d'imposer. Ce que l'on sait moins, c'est tout le reste de cette longue vie qui fut la sienne, à travers la monarchie et ses derniers soubresauts, la Révolution française et l'Empire, qui le conduisit au Panthéon. Bougainville est mort le 31 aout 1811 et, c'est à l'occasion du bicentenaire de son décès que Philippe Prudhomme, lui aussi océaniste éclairé, s'est attelé à cette première biographie complète. Un travail qui méritait d'être signalé et salué, car si Tahiti, aujourd'hui encore, a une image de marque unique dans le monde, c’est assurément d'abord et avant grâce à Louis-Antoine de Bougainville, image que, plus d'un siècle plus tard, le peinture Gauguin sur mettre en couleurs, et encore plus tard, le photographe Sylvain en clichés, eux aussi éternels...

Un gagnant de plus dans l'oublie
Grand mérite de ce livre, et non des moindres, compenser le déficit de notoriété de ce navigateur français, qui a pleinement réussi dans son entreprise alors que de son côté, La Pérouse a parfaitement échoué (à Vanikoro aux Salomon) mais est passé avec bien plus de force, à la postérité. Il est vrai que l'armée française célèbre ses d&faites (Bazeilles, Camerone...) avec une volupté masochiste et les sportifs leurs perdants (Poulidor)...
Bougainville lui, était un battant et un gagnant. Et le terme heureux de son expédition prouve, s'il en était besoin, qu'il sut gagner, non sans panache, mais avec modestie.

Bougainville : "un menteur et un imbécile"
Que l'on ne se méprenne pas, notre modeste plume ne se hasarderait pas à insulter la mémoire d'un Français reposant au Panthéon. Laissons parler le comte Louis-Antoine de Bougainville de lui-même, non sans humour : "Je suis voyageur et marin, c'est à dire : un menteur et un imbécile aux yeux de cette classe d'écrivains paresseux et superbes qui, dans les ombres de leur cabinet, philosophent à perte de vue sur le monde et ses habitants, et soumettent impérieusement la nature à leurs imaginations"

Le Mystère Bougainville
Par Philippe Prudhomme
En vente dans les bonnes librairies
Prix public conseillé : 2 500 Fcfp
Contact par le site internet de l’Association des amis de Bougainville : lesamisdebougainville.wifeo.com
e-mail de Philippe Prudhomme : philprud@gmail.com
Tel : 311 770

Tikimag du 01/09/2011 : Bicentenaire de la mort de l'explorateur français

C'est un livre passionnant qui vient d'être écrit et publié par Philippe Prudhomme, spécialiste de l'Océanie des "Lumières", par ailleurs fondateur de l'association des amis de Louis-Antoine de Bougainville. "Le Mystère Bougainville" est en effet la première biographie compète, entièrement consacrée à l’homme que fut Bougainville et non à ses seules explorations.

"Le Mystère Bougainville"

Issue d'une famille bourgeoise anoblie, le jeune Bougainville, entre autres brillant mathématicien, comprendra vite que pour s'en sortir, il lui faudra se surpasser. Très érudit, maîtrisant parfaitement l'anglais (qui l'apprécieront d'autant), il n'a jamais été un colonisateur, seulement un explorateur.

La Nouvelle-Cythère

Lorsqu’il organisa son expédition autour du monde (1766-1769), il n'avait que des prétentions scientifiques. A son retour, une époque trouble, il parvint à passer à travers la monarchie agonisante, le Révolution, puis l'Empire avant de finir au Panthéon. C'est lui qui restitua les Malouines à la France et on retrouva se battant pour le Canada et puis pour l'indépendance des États-Unis.

Aimé de ses contemporains, admiré au XIXe siècle, il est aujourd'hui un peu tombé dans l'oubli et ce livre a pour premier objet de dépoussiérer quelque peu son image. En moins de six jours d'escale à Tahiti, on lui doit quand même la création du mythe de la Nouvelle-Cythère et du paradis terrestre, alors que son prédécesseur, Samuel Wallis y fit une escale bien plus meurtrière et sanglante. Un livre qui tombe à pic puisque l'on célèbre le 31 août le bicentenaire de sa mort survenue le 31 août 1811 à Paris.

Une fleur et un voyage

Deux motifs ont fait passer Bougainville à la postérité : le nom de baptême d'un arbuste découvert au Brésil, le bougainvillier (masculin), dont la fleur est la bougainvillée (féminin), appellations dues au botaniste Commerson, qui accompagna la navigateur dans son exploration.

L'autre raison de la célébrité de Bougainville est son livre, "Voyage autour du monde entrepris par la frégates La Boudeuse et la flûte L’Étoile de 1766 à1769", un ouvrage qui eut un succès considérable en plein Siècle des Lumières et qui, en quelque sorte, dans l'esprit du grand public aujourd'hui, authentifia le mythe du bon sauvage cher à Rousseau (alors que son récit en prend en réalité le contre-pied).

Mais "Louis-Antoine" ne se résume pas à une fleur, si belle soit-elle, et à une expédition, si glorieuse fut-elle. Sa vie pourrait faire l'objet d'un roman.

On ne va pas nous la raconter, juste vous suggérer de la découvrir au fil des pages de cet excellent ouvrage.

Ladepeche.pf du 01/09/2011 : Le mystère Bougainville enfin dévoilé


Pour le bicentenaire de sa disparition, Philippe Prudhomme publie

Franc-maçon, espion, amiral, scientifique, marin, explorateur, amiral, journaliste, avocat, diplomate, comte ; Louis-Antoine de Bougainville est décédé il y a deux cents ans, hier.

Philippe Prudhomme, professeur de français et d’histoire, a enseigné dans les différents pays traversés lors du tour du monde du premier circumnavigateur français. Il a choisi de rendre hommage à ce grand homme, à l’occasion du bicentenaire de sa disparition, le 31 août 1811. Il avait 82 ans, c’était âgé pour l’époque, surtout après une vie si trépidante. “Aujourd’hui, je célèbre le 200e anniversaire de sa mort et la boucle est bouclée avec ce livre dans lequel je consacre sa mémoire et la mienne”, déclare l’auteur.

Pourquoi, “le Mystère” ? “C’est un déficit de notoriété, beaucoup de bêtises ont été dites, apportant des confusions. Le mystère c’est surtout que l’on célèbre des rappeurs en France et que le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, ne m’a pas répondu depuis six mois - Philippe Prudhomme est président de l’association des Amis de Bougainville - pour commémorer la gloire de cet homme des lumières”, regrette-t-il. “On nous promène, tout comme le ministère de l’Outre-mer”.

“Cet homme a fait les sales besognes, ce n’était pas un noble d’épée (les militaires) mais un noble de robe (les notables)”, précise le président de l’association. “C’est un personnage fantastique, il est romanesque, il a eu un modèle d’existence”. En effet, ce voyage autour du monde a été le premier voyage scientifique mais aussi le premier voyage d’une femme autour du monde, Jeanne Barré (la maîtresse à bord du botaniste Commerson, déguisée en homme. Commerson a découvert la Bougainvillée dont il donna le nom en hommage à Louis-Antoine ; “une vraie affaire DSK, à l’époque” s’enflamme l’auteur), le premier voyage d’un Océanien en Europe (Ahutoru). “Il avait aussi l’intelligence du cœur” tient à préciser Philippe Prudhomme. “Il n’a connu qu’une détresse” dans sa vie précise Philippe Prudhomme, ému. Juste après la mort de son fils, noyé pour avoir fait le beau devant sa belle, Louis-Antoine, “effondré par le chagrin et la douleur”, s’est exclamé en pleurs : “c’est le plus grand malheur de ma vie ! J’ai navigué sur toutes les mers, j’ai fait le tour du monde, et mon fils s’est noyé dans un crachat”.

Si vous rêvez d’aventures, de grands espaces, de roman de cape et d’épée, ou d’ambiances “Pirate des Caraïbes” plongez dans “Le Mystère Bougainville”, biographie captivante d’un héros des temps modernes un peu oublié.

 

Tahitipresse du 01/09/2011 : Parution du livre "Le mystère Bougainville"

Philippe PRUDHOMME, "spécialiste de l'océanie des Lumières", qui a enseigné au Vanuatu, en Nouvelle Calédonie, à Wallis-et-Futuna, avant de terminer sa carrière à Tahiti, vient de faire publier "Le mystère Bougainville", un ouvrage consacré au célébre navigateur Louis-Antoine de Bougainville, qui vous emménera de la Cour de Versailles à Tahiti, en passant par le Canada. L'ouvrage est publié 200 ans, quasiment jour pour jour, arpès les funérailles nationales de Bougainville, le 7 septembre 1811, au Panthéon, à Paris. Une séance de dédicaces est prévue à la librairie Archipels, à Papeete, samedi 3 septembre, de 9h à midi.

Ladepche.pf du 27 août 2010 : Hitiaa - Un hommage à Louis-Antoine de Bougainville -A la retombée du temps perdu

Il en est des noms comme de certains rêves, la plupart sont destinés à l'oubli, mais quelques-uns sont si fixés dans l'esprit qu'à leur simple évocation mille images viennent à l'esprit. Louis-Antoine de Bougainville est de ceux-là. Son fameux "Voyage autour du monde", 1766-1769, continue à vivre dans notre mémoire et à faire divaguer. 
Or, si l'on regarde les choses, c'est à un épisode d'une durée de neuf jours (voir ci-dessous), une ébauche insuffisamment explicite et inachevée que se produisit la naissance d'un mythe. Celui de Tahiti, la nouvelle Cythère, groupant à jamais les amateurs de récits épiques et épicés autant que les rêveurs les plus rigoureux. Parce qu'il arrive en plein âge d'or du courant libertin du XVIIIe siècle, ses descriptions sulfureuses du Tahiti qu'il découvre alors évoquent, en effet, un paradis perdu où le vice répond à la vertu comme la lune nouvelle supplée au soleil couchant...

Deux cent ans après

Depuis lors, l'eau a coulé sous le pont de Hitiaa, sur la côte Est de Tahiti. Des générations et des générations humaines se sont succédé. Mais le destin, d'une certaine façon, a forgé un lien avec le passé. Une stèle dédiée à la mémoire du navigateur y a été érigée.

C'est précisément là, quelque deux cents ans après, que Philippe Prudhomme, président de l'Association des amis de Louis-Antoine de Bougainville avait rendu à rendre hommage au grand navigateur, le dimanche 22 août. Une quinzaine de personnes avait répondu à son invitation. Dans ce qui lui tenait d'exercice, l'homme, qui en connaît un rayon et est capable de vous remplir l'étagère, a rappelé à chacun que Bougainville a été le premier Français à accomplir n tour du monde, sans omettre de souligner l'aventure tragique d’Ahutoru, le Tahitien qui accompagna le navigateur dans son retour vers l'Europe. En cela, Philippe Prudhomme est partie prenante puisqu'il est l'auteur de "La Malédiction de la tortue", ouvrage dans lequel il raconte, de façon romancée, la plus étrange et la plus tragique aventure d'un ma'ohi hors de la baignoire qui lui servait jusqu'alors de pré carré : le Pacifique. 
Une gerbe de bougainvillées déposée plus tard, la magnifique propriété de l'exquise Mme Cridland servant d'écrin aux hôtes, c'est autour d'un repas, à la façon des banquets qui marquent la fin des albums d'Astérix, qu'en bons Français, les "compagnons du voyage", ainsi qu'ils se surnomment, ripaillèrent autant qu'ils discourent sur les différents projets qui les animent. L'association souhaite, en effet, que soit réalisé un "lieu de mémoire" sur cette partie de la côte Est. Musée... villas, ou casino, car il se murmure aussi beaucoup d'autres choses, mais peu importe, la journée, avec une passion délicatement exprimée, n'avait qu'un but : rendre hommage à Bougainville et à ses suiveurs. C'est fait


Plantation du bougainvillée des "amis du grand navigateur" en face de l'endroit où les deux navires de l'expédition Bougainville mouillèrent leur ancre, et qui porte aujourd'hui encore le nom de "passe de la Boudeuse".

L'initiateur

 Philippe Prudhomme a été professeur d'histoire-géographie de 1974 à 2004, notamment en Polynésie française au lycée de Taaone. Ce retraité de l'Education nationale se passionne pour l'histoire des navigateurs européens, en particulier pour Bougainville. Il crée en octobre 2009 l'Association des amis de Louis-Antoine de Bougainville ; elle-même affiliée à la Fédération des maisons d'écrivains et des patrimoines littéraires. Il est également l'auteur de "La Malédiction de la tortue", ouvrage dans lequel il raconte l'épopée d’Ahutoru à la cour du roi de France, et son retour vers Tahiti en 1770, et sa mort à Madagascar, le 6 novembre 1771, sur le navire de Nicolas Thomas Marion Dufresne.

Neuf jours qui changèrent le cours de l'histoire polynésienne

25 mars 1768
Passage aux Tuamotu, 10 matelots atteints de scorbut.

2 avril à 10 heures
Au large de Mehetia.

3 avril 
"Nous eûmes la vue d'une autre terre dans l'ouest quart nord-ouest dont la côte moins élevée (...) nous aperçûmes une autre terre (...) sans que nous puissions distinguer si elle tenait à la première île".

4 avril
"Au lever de l'aurore nous reconnûmes (...) que les deux terres étaient unies ensemble par une terre plus basse (...) nous aperçûmes une pirogue (...) 12 hommes nus (...) ils accostèrent le navire. Bientôt 100 pirogues environnèrent les deux vaisseaux. Les approches de la nuit nous firent revenir au large".

5 avril
Recherche d'un mouillage.

6 avril au matin
Hitiaa O Te Ra
"Nos canots reconnurent dans le récif une coupure large de 2 encablures (...) et dedans une rade assez vaste. Sur le récif du côté nord il y a 3 îlots ? Ce rapport me décida à mouiller dans cette rade (...) Nous mouillâmes notre première ancre sur 33 brasses. Les insulaires avaient environné les navires. L'affluence des pirogues fut si grande (...) Elles étaient remplies de femmes nues car les hommes et les vieilles qui les accompagnaient leur avaient ôté leurs pagnes (...) Elles nous firent des agaceries ".

Chapitre 2

6 avril 
"Je (Bougainville) descendis à terre avec plusieurs officiers (...) Nous y fûmes reçus par le chef de canton (...) Le chef nous proposa des fruits, du poisson grillé et de l'eau".

7 et 8 avril
Négociations sur la durée du séjour des Français. "Ereti nous offrit un hangar immense tout près de la rivière, sous lequel étaient quelques pirogues qu'il fit enlever. Nous dressâmes dans ce hangar les tentes pour nos 32 scorbutiques".

9 avril
Exploration pédestre vers la presqu'île... " Ce seigneur, nommé Toutaa, m'offrit une de ses femmes fort jeune et assez jolie"...

10 avril
"Il y eut un insulaire tué... l'homme avait été tué d'un coup de feu, cependant ce bon chef à qui je fis de nouveaux présents continua à nous témoigner la plus sincère amitié".

12 avril au matin
"Difficultés météorologiques, la Boudeuse perd sa première ancre à jet - les 2 voiliers manquent de se heurter. L'après-midi le vent se calma. Trois insulaires furent tués à coups de baïonnettes - tensions vives avec les éléments et la population".

13 avril
"Grosse houle, pluie et orage. A 2 heures du matin, il passa un grain qui chassait les vaisseaux en côte. Perte de 2 nouvelles ancres. Nous étions si près des brisants... que nous attendions à chaque instant le triste dénouement. Une brise nous sauva pour le moment. Nous relevâmes ensuite l'ancre à jets. A terre pacification difficile".

14 avril au matin
"Départ de l'Etoile... notre situation à ce moment devint moins terrible, nous travaillâmes à déblayer l'hôpital et le camp. J'enfouis près du hangar un acte de prise de possession avec une bouteille bien fermée contenant le nom des officiers".

15 avril
"Nous levâmes notre ancre, coupant un des grelins appareillant pour sortir de la passe de l'est. A 9 heures, nous étions absolument hors de  danger".

15 avril à l'aube
"Ereti, très affecté de notre départ, vint à bord avec ses femmes et Aotourou qu'il nous pria de consentir à prendre avec nous. Nous quittâmes ainsi ce bon peuple...".

  Louis Antoine de Bougainville
Louis Antoine de Bougainville portrait par Jean-Pierre Franque


Tahitipresse du 22 août 2010 : Hommage littéraire à Bougainville, à Hitiaa.
 


L’association  des amis de  Louis-Antoine Bougainville a tenu à rendre hommage, dimanche à Hitiaa, au grand navigateur, mais aussi écrivain, le premier Français à avoir effectué un tour du monde et à mettre un pied sur la terre de Tahiti. L'association souhaite que soit réalisé un "lieu de mémoire" sur cette partie de la côte Est, en hommage également au premier Tahitien à avoir découvert l'Europe, lors du retour en France du navire de l'expédition, La Boudeuse.

Après le dépôt d’une couronne de bougainvillées sur la stèle dédiée au navigateur, près du pont de Hitiaa, sur la côte Est de Tahiti, la quinzaine de personnes qu’avait invitées le président de l’association, Philippe Prudhomme, s’est rendue dans une propriété voisine du lieu où les deux navires de l'expédition Bougainville avaient mouillé leur ancre, un certain 6 avril 1768. Non loin de l’endroit que l’on appelle aujourd’hui encore, la passe de la Boudeuse, du nom du navire amiral.

C’est autour d’un repas littéraire que la petite équipe s’est retrouvée, l’un des membres de l’association ayant même apporté une édition originale du célèbre écrit de Bougainville, sa "Description d'un voyage autour du monde". Philippe Prudhomme a quant à lui lu quelques extraits de son ouvrage, La Malédiction de la tortue, dans laquelle il raconte, de manière romancée mais exacte, l’aventure d’Ahutoru, le Tahitien qui accompagna le navigateur dans son retour vers l’Europe.

 Réparer un oubli

Il y a deux ans, la date anniversaire de l’événement que représenta le jour où l‘équipage de la Boudeuse prit contact avec Tahiti - un an après le passage de Wallis - est passée totalement inaperçue. L’année dernière, pour le 140e anniversaire de son retour à Saint-Malo, le 16 mars 1769, l’événement était presque passé sous silence. C’est pour réparer cette omission qu’a été créée l’association des amis de Louis-Antoine Bougainville. Ce n’est en effet pas seulement au navigateur que veut rendre hommage l’association, mais également à l’écrivain qui, par sa "Description d'un voyage autour du monde", contribua de manière décisive à la création du mythe Tahiti/paradis.

"Il ne faut pas oublier qu’il a été le premier Français à faire le tour du monde, à y emmener la première femme à faire cette expédition  et à ramener avec lui, en Europe, le premier Tahitien", explique le président de l’association, Philippe Prudhomme. "Sans Bougainville et Ahutoru", rappelle encore ce professeur d’Histoire à la retraite, "Tahiti n’existerait pas dans l’imaginaire collectif mondial. Le renom de Tahiti ne tient qu’à la relation de voyage de Bougainville, qui a eu un succès tel en Europe au XVIIIe siècle qu’on entend encore parler maintenant de Tahiti".

Même s’il n’a duré qu’une dizaine de jours, le séjour de Bougainville sur la côte Est de l’île, qu’on a pu alors comparer à la "Nouvelle Cythère", a eu en effet d’importantes répercussions dans la compréhension des cultures autres qu’européennes ou antiques.


 Un lieu de mémoire

L’association caresse le projet de réaliser un lieu de mémoire, afin de conserver pour les générations futures ce lieu toponymique qui risque de disparaître des esprits, "comme aurait disparu le nom d’Ahutoru si je n’avais pas écrit de roman à partir de l’histoire de ce personnage", plaide Philippe Prudhomme. Le président de l’association précise ainsi que celle-ci a adhéré à l‘association des Maisons du patrimoine littéraire, rattachée elle-même au ministère national de la Culture.

 "J’aimerais que ce lieu fédère une synergie d’activités, un musée Bougainville-Ahutoru. Nous sommes ici dans un endroit qui est à l’origine de la rentrée dans l’Histoire de Tahiti", au sens sociologique du terme, rêve Philippe Prudhomme qui rêve d’un lieu qui pourrait être "un pont culturel" qui pourrait aussi s’inscrire dans un "parcours littéraire" à créer qui pourrait apporter une dimension originale aux propositions touristiques de l’île, autant qu’au dialogue entre les deux civilisations, la polynésienne et l’occidentale.

En novembre prochain, on célébrera le 240 e anniversaire de la mort de ce Tahitien, veut déjà faire savoir l’historien.

 


Le Point du 8 juillet 2010 : Souvenir de Belle-Ile.

Louis Antoine de Bougainville (1729 - 1811) fut le premier Français à faire le tour du monde. Son deuxième bateau avait été baptisé "Etoile" et cette maquette qui le reproduit fidèlement, avec sa poupe de décor de nuit étoilée, date du XVIIIe siècle. Une précieuse miniature (215 x 205 cm) vendue par le mussée de la Citadelle-Vauban de Belle-Ile-en-Mer. Estimation : 60 000 euros. Les 16 et 17 juillet, Le Palais (Morbihan), www.piasa.fr

 


Lesnouvelles.pf du 16 mars 2010 : Déjeuner-débat : les amis de Bougainville récoltent des fonds.

 

L'association des amis de Louis-Antoine de Bougainville créée le 24 octobre dernier, a organisé samedi un déjeuner-débat sur le thème "l'énigme Bougainville" au cercle marin de Papeete. Né le 12 novembre 1729 Louis-Antoine de Bougainville effectua un séjour de 9 jours à Tahiti, une formidable aventure qu'il relata dans son célèbre ouvrage "Le Voyage autour du monde". Les membres de l'association sont à la recherche de sponsors, de mécènes, passionnés d'histoire pour promouvoir des publications, adhérer à la fédération des maisons d'écrivain et des patrimoines culturelles, ou encore organiser des activités culturelles.



 


Ladepeche.pf du 26 octobre 2009 : Philippe PRUDHOMME crée les "amis de Bougainville".

"Louis-Antoine de Bougainville, le premier navigateur français à avoir fait le tour du monde est tombé dans l'oubli", explique Philippe Prudhomme, professeur d'histoire, retraité à Tahiti depuis 2004. Ce dernier a exercé depuis 19 ans outre-mer, à Wallis, Tahiti (Taaone, 1989-1995), Nouméa, Réunion, Vanuatu (Port Villa, lycée Bougainville). Des séjours entrecoupés d'affectations à Melun. A Port-Villa, premier contact avec le Pacifique en 1977. Il découvre Bougainville : une passion est née. Il écrit trois livres. Mais l'oubli semble le lot de ce navigateur brillant, "rédacteur d'un précis de calcul intégral à 25 ans, humaniste inventeur de l'ethnologue, décolonisateur du Canada et des Malouines, pair de France, et enterré au Panthéon". Pour Philippe Prudhomme, cette absence de notoriété relève de l'injustice historique. Aussi s'est-il fixé un nouvel objectif : " Valoriser sa mémoire, rassembler toutes les informations, lui restituer sa place", avec un bras armé, l'association loi 1901 des "Amis de Louis-Antoine de Bougainville", qu'il vient de créer, samedi dernier, à la mairie de Papeete. Prochaine concrétisation : un site internet.

Entouré des membres fondateurs, Philippe Prudhomme veut faire partager son admiration pour Louis Antoine de Bougainville, tombé "injustement" dans l'oubli.

 
 
     
         

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